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[ Virtuellement… ]

L'une des pires inventions de ces dernières années est certainement le virtuel. Que valent toutes ces bises virtuelles qui clôturent inévitablement chaque mail à l'apparence amicale? Que valent ces rencontres virtuelles, par écran interposé? Quelle valeur donner à toutes ces promesses de choses si merveilleusement virtuelles qu'elles ne se concrétiseront virtuellement jamais? Le virtuel me pèse, le virtuel m'énerve: concrètement et réellement, je hais le virtuel !

La vérité n'est pas virtuelle. Elle se contente d'être vraie. Les vraies choses sont celles que l'on touche, que l'on palpe, que l'on sent. Il passe mille fois plus de choses dans la pression d'une main, la tiédeur d'un souffle, la puissance d'un regard que dans la déclaration gratuite d'une émotion virtuelle.

Le virtuel nous habitue à la civilisation du mensonge, des choses fausses, des émotions commandées et des sentiments oubliés. Le virtuel mène à la solitude; il est l'ennemi de la joie et du bonheur, l'antithèse du bien... "être".

Avant, on rêvait d'être. On suait pour devenir. On savourait d'être enfin. Et l'on pouvait se réjouir d'avoir été. Le virtuel a rendu ce rêve inutile puisqu'il nous explique que l'on va être, que l'on est, que l'on a été… alors que ce voyage n'a jamais existé et n'existera jamais.

Concrètement, voilà pourquoi je n'ai pas envie de raconter ma vie sur un écran, à des gens que je ne connais pas et qui croiraient, par une visite virtuelle, bien me connaître. Désolé d'être vrai, désolé d'être tactile, pragmatique. Mais épicurien me va mieux que... rien !